Le Corriere della Sera avance, ce mardi, que le Britannique plaiderait la négligence en vue d’éviter un procès. « Totalement faux » a, sur Twitter, répondu le quadruple vainqueur du Tour qui ne peut toutefois nier que ses conseils explorent toutes les voies pour le sortir de l’impasse. 

Le cas Froome empoisonne le cyclisme depuis la révélation du contrôle antidopage anormal lors de la Vuelta (le taux de salbutamol relevé dans les urines était deux fois supérieur au seuil autorisé), le 7 septembre dernier.

Selon le Corriere della Sera, après avoir évoqué des pistes de défense scientifiques (dysfonctionnement des reins, deshydratation, notamment) et mis sur le dossier une batterie d’experts scientifiques et juridiques, le clan Froome envisagerait d’emprunter une autre voie.

Une médiatrice aurait ainsi été engagée en vue d’éviter un procès. Selon le quotidien italien, l’option défendue serait celle de la négligence et pourrait, toujours selon le Corriere della Sera, lui valoir une suspension rétroactive négociée de cinq à six mois seulement.

Le Britannique et l’équipe Sky, après avoir nié les accusations de dopage, reconnaitraient une erreur. Sa dernière course, la course en ligne des championnats du monde de Bergen, marquant le point de départ d’une éventuelle suspension.

La peine si elle épousait les contours du plan bâti par les conseils de Christopher Froome pourrait ainsi être en partie digérée durant l’intersaison et ouvrirait alors au leader de l’équipe Sky la porte des possibles pour ses rendez-vous printaniers et estivaux.

Une version que le quadruple vainqueur du Tour a contesté sur son compte Twitter : «Totalement faux. »

 


Si la saison est repartie sans lui (une situation choisie pour éviter un surcroît de pression en raison de l’affaire), le milieu ne l’oublie pas, conscient des dommages que créé une situation empoisonnée dans le contexte toujours sensible d’une discipline qui lutte pied à pied pour sa crédibilité.

« Sky devrait suspendre Froome« , avait, dans Le Télégramme, tonné David Lappartient, le nouveau président de la fédération internationale.

« Il faut qu’il ait une réponse et qu’elle arrive évidemment le plus vite possible, avant le Tour d’Italie (4-27 mai). J’espère que l’enquête ne va pas durer des mois et de mois« , espérait Christian Prudhomme, le directeur du Tour. « Froome est le coureur numéro un, c’est la vitrine de notre sport. Alors, le voir pris dans cette histoire va forcément amener aux raccourcis habituels du ‘Tous dopés’ (…) C’est nuisible pour tout le monde« , avait, de son côté, reconnu Marc Madiot dans Le Parisien.

Romain Bardet (2e du Tour 2016, 3e en 2017) a, lui, dans les colonnes de L’Equipe résumé, courroucé : « Je veux bien croire à la bonne foi de Chris Froome, mais quand le seuil est dépassé, les règlements prévoient une sanction. On ne peut plus se permettre de permissivité (…) Je suis stupéfait que, sans une fuite dans la presse, on aurait passé sous silence ce contrôle et qu’on l’aurait peut-être appris dans quelques années. Je suis soulagé qu’on n’ait pas lavé le linge sale en famille. On manque de transparence. Le vélo risque de mourir si des mesures ne sont pas prises dans ce sens. »

« Son image est ternie pour toujours« , avait tranché Lance Armstrong.