Info Le Figaro. Nous avons eu connaissance des nouveaux arguments de Cardiff contenus dans le dossier déposé devant la Commission de statut des joueurs de la Fifa pour dénoncer le transfert d’Emiliano Sala.

Qui doit aujourd’hui trancher sur le différend ?

Le litige entre le FC Nantes et Cardiff a été porté devant la Commission du statut des joueurs de la Fifa que les Canaris ont saisie en constatant que Cardiff refusait de payer le premier versement de l’indemnité de transfert d’Emiliano Sala, soit 6 millions d’euros (sur les 17 millions hors bonus). Cardiff a bénéficié d’un délai supplémentaire pour composer son dossier qui a été remis lundi à l’instante dirigeante du football.

 

Quelle est la position de Nantes ?

La position des dirigeants nantais est très claire. Les dirigeants nantais considèrent depuis le début de cette affaire que le transfert est parfaitement valide et donc que Cardiff doit s’acquitter de l’indemnité. Le club français s’appuie sur la délivrance d’un certificat international de transfert (CIT), document émis par la Fifa et homologuant l’accord entre les deux parties. Celui-ci a été émis le 21 janvier à 17 h 30, quelques heures avant la disparition dramatique de l’attaquant.

Quelle était la position de Cardiff jusqu’à ces derniers jours ?

Pour faire court dans un dossier qui se complexifie de jour en jour, le club gallois considère qu’Emiliano Sala ne faisait pas encore partie de l’effectif de Cardiff au moment où il a disparu. Il y a quelques jours, Le Figaro a pu consulter le contrat, établi par le FC Nantes, comportant une clause (2.1.4) dont les conditions n’ont effectivement pas toutes été respectées, rendant le transfert «nul et non avenu».

 

Que stipulait cette clause ? Pour que le transfert soit validé par les deux clubs, Emiliano Sala devait d’abord être enregistré comme joueur de Cardiff. Or, cet enregistrement n’a pas eu lieu car la Ligue anglaise de football a refusé d’accorder au buteur un contrat de travail le 21 janvier, jour du drame. Les modalités de versement de la prime à la signature de l’Argentin (1,4 million d’euros) n’étaient en effet pas conformes aux usages en Angleterre. La nouvelle version, qui devait permettre de délivrer le fameux contrat de travail, attendait Emiliano Sala sur le sol britannique, territoire qu’il n’a jamais pu rejoindre, son avion s’étant écrasé en mer alors qu’il mettait le cap vers son nouveau club.

Par ailleurs, le club gallois continue d’associer le FC Nantes au dramatique vol entre Nantes et Cardiff. L’organisation de ce transport, entourée de zones d’ombre (le pilote n’était pas autorisé à transporter des passagers dans le cadre de vols privés et n’était pas habilité à voler de nuit car il était daltonien), avait été confiée à l’intermédiaire écossais Willie McKay, mandaté par le FC Nantes.

Quels sont les nouveaux éléments du dossier ?

Dans le dossier transmis à la Fifa, Cardiff avance un nouvel argument pour obtenir l’annulation du transfert en s’appuyant sur un point du Règlement du Statut du Transfert des Joueurs (RSTP) contenu dans l’Annexe 3 (voir page 60). «Le document est très clair sur ce point, pour qu’un Certificat international de transfert soit valable, il doit y avoir un contrat de travail valide entre le joueur et son nouveau club qui doit être téléchargé via le TMS (un système informatique qui valide et donne date certaine au transfert pour confirmer la mutation du joueur, ndlr)», a confié un proche du dossier. «Etant donné que ce contrat de travail n’a jamais été délivré (par la Premier League comme l’affirme Cardiff), le transfert n’a pas pu être validé», poursuit la source.

Par ailleurs, le Telegraph affirme ce mercredi que Nantes n’aurait pas notifié l’intervention de Mark McKay comme intermédiaire alors que dans l’Annexe 3, la Fifa stipule que les deux parties impliquées dans la négociation doivent saisir le «nom et la commission de l’intermédiaire du club dans son TMS.» (voir page 55). Cette omission constituerait une violation du règlement et exposerait Nantes à une sanction indique le quotidien. Cette information n’a pas été confirmée par notre interlocuteur,

Que va-t-il se passer désormais ?

Nantes a pris connaissance des arguments de Cardiff City et va pouvoir y répondre prochainement. La source proche du dossier a confirmé au Figaro que leur offre de dialogue pour parvenir à un gentleman agreement et convenir d’un «accord équitable» était «toujours ouverte,» Une entente qu’avait d’ailleurs appelée de ses vœux la Fifa le 25 février dernier lors d’une intervention de son président Gianni Infantino, Nantes ne l’entend visiblement pas de cette oreille et semble bien décidé à aller au bout de la procédure.