L’été du FC Nantes a été marqué par une vente avortée sur fond de tensions entre l’entraîneur Vahid Halilhodzic et la direction du club. Conséquence et cette crispation, le coach bosniaque, annoncé proche du Maroc, devrait quitter son poste en fin de semaine. Détails.

Des désaccords réguliers

Un été compliqué. Voilà comment on pourrait résumer la situation du FC Nantes depuis la fin de la saison 2018-2019. En grande difficulté la saison dernière avec leur entraîneur portugais Miguel Cardoso (relégables dès la 7ejournée), les Canaris avaient pu compter sur le retour d’une icône du club en octobre 2018 : Vahid Halilhodzic. Le Bosnien a non seulement été un grand attaquant dans l’histoire du club, mais il a aussi sauvé Nantes de la relégation, finissant à une correcte douzième place. Pourtant, Halilhodzic ne semble pas avoir voix au chapitre au sein d’un club qui devrait montrer une certaine reconnaissance envers lui. Les premières fractures semblent être apparues avec la vente ratée du FC Nantes. En juin, Waldemar Kita, le président et Franck Kita (son fils), le directeur général, étaient en négociation avec un fonds d’investissement britannique (LFE Football Group Limited) dirigé par Leigh Hunt.

Mais, après des semaines de pourparlers, les garanties financières fournies n’ont pas été considérées comme suffisantes par le clan Kita (avec une transaction alors estimée à 80M€). C’est la double peine : le club ne se fait pas racheter, et on apprend que Sabri Lamouchi, ancien entraîneur du Stade Rennais, a été approché pour remplacer Halilhodzic, sans que ce dernier soit consulté. Ouest-France annonce même que le divorce serait consommé entre l’ancien attaquant du PSG et le coach. Celui-ci devrait rendre son tablier vendredi après avoir dirigé une dernière fois ses troupes en amical face au Genoa.

Un mercato pas assez fourni selon Halilhodzic

Officiellement maintenu à son poste d’entraîneur le 27 juin dernier, le technicien bosnien a commencé à tirer à boulets rouges le 9 juillet dernier contre sa direction : «Il faut encore recruter 8 ou 9 joueurs. Comment ? Ça sera très compliqué. J’espère que ça va changer. Il faut avoir au moins 26 ou 28 joueurs en préparation. On est dans la difficulté. Je suis un peu inquiet. (…) Il faut trouver 8 ou 9 joueurs, la plupart titulaires. Je ne connais pas les joueurs qui vont venir. On a proposé pas mal de joueurs (à la direction), aucun n’est venu. Il faut faire vite pour essayer de faire un recrutement exceptionnel et réaliser une bonne saison.» A ce moment-là, le FCN avait recruté trois joueurs : Dennis Appiah (Anderlecht), Bridge Ndilu (Laval) et Alban Lafont (Toulouse). Depuis, Mehdi Abeid (Dijon), Molla Wagué (Udinese) et Marcus Coco (Guingamp) ont rejoint les Canaris. L’arrivée de Coco, par exemple, n’aurait pas été discutée au préalable entre Halilhodzic et Philippe Mao, le responsable du recrutement.

Cet épisode n’a pas plu au Bosnien, qui n’a pas l’impression d’être écouté. L’Equipe a récemment dévoilé que Halilhodzic avait des vues sur Denis Bouanga (Saint-Etienne), Samuel Grandsir (Brest), Casimir Ninga (Caen), Opa Nguette (Metz), Renaud Ripart (Nîmes), Adrien Trebel (Anderlecht), ou encore Simon Falette (Francort). Des pistes intéressantes qui n’ont pas abouties en raison des tensions régnant entre le technicien bosnien et les dirigeants. En outre, Halilhodzic n’a pu faire jouer pour l’heure, que trois (Lafont, Appiah, Coco) de ses six recrues estivales. Pas l’idéal pour mettre en place des systèmes de jeu en vue de la reprise de la Ligue 1 contre Lille le 11 août. Celle-ci devrait donc se faire sans lui.