Dans une interview accordée au quotidien français France Football, le médian des Lions de l’Atlas Fayçal Fajr a abordé  plusieurs sujets concernant l’équipe nationale notamment ses ambitions pour la CAN 2019 qui démarre ce vendredi en Egypte.

« On a un groupe au top et on est capable d’aller jusqu’au bout en CAN »

Pas de pression, aucune pression. On sait qu’on a un groupe au top, qui vit bien, qui travaille bien. Une famille ! On sait pourquoi on y va. On y va pour montrer de quoi on est capable et pour aller le plus loin possible. D’après les observateurs, les bookmakers, on est une des équipes favorites..

« Prêt à mourir sur le terrain pour mon pays »

Bien sûr ! Mais j’ai envie de dire aux gens que ce mot-là, « favori », surtout en Afrique… La mentalité des équipes est différente. Les gens jouent pour l’amour de leur pays. Ils sont prêts à mourir. Je parle pour mon cas à moi : je suis prêt à mourir sur le terrain pour mon pays. La rage est en moi et je l’aurai toujours. Et c’est encore pire quand je porte le maillot du Maroc. Il y a un truc qui me transcende et qui me rend encore plus fort. Je ressens quelque chose que tu ne peux pas ressentir dans un club. À part si tu y as joué des années et des années, cinq, six, neuf, douze ans ! Oui, ces gens-là peuvent ressentir quelque chose. Mais quand un joueur évolue une ou deux années et que tu l’entends dire qu’il ressent quelque chose… Ok, je peux te croire, mais j’ai du mal. Quand c’est ton propre pays, tu ressens des choses complètement différentes. On va tout faire pour emmener le Maroc le plus loin possible. Je n’ai pas envie de te dire demi-finales ou quarts de finale, c’est bidon. Si je te dis quarts, on va dire « pourquoi pas la finale ? » Je ne suis pas con : j’ai envie d’aller en finale. Avec tout le respect que j’ai pour toutes les équipes africaines, le Maroc a son mot à dire.

« Le Maroc est le Brésil de l’Afrique »

Personne ne voyait cette équipe faire quelque chose. Et hop, finale ! J’ai des souvenirs comme si c’était hier. Ensuite, durant les CAN suivantes, on est passé au travers. Avec tous les joueurs qu’on a, avec le pays de football qu’on est… Le Maroc, c’est grave, c’est comme en Amérique latine, ici, ce sont des hystériques, des fous du foot. Nous, les Marocains, on aime le football. À la Coupe du monde, on était en Russie, à Moscou, et il y avait 40 000 Marocains ! Moi qui vais au Maroc depuis que je suis jeune, je vais partout, mais quand on dit que c’est le Brésil : oui, c’est le Brésil de l’Afrique ! Les gens jouent partout, sur la plage, dans la rue, sur le trottoir…

« Le Maroc progresse depuis la CAN 2017 »

Oui. Ça ne peut être qu’une progression. Avec la possibilité de se projeter, d’avoir d’autres objectifs, d’autres envies, d’autres ambitions. Au Gabon, tu fais une bonne CAN, tu vas en quarts de finale malgré des absences importantes, et tu es déçu parce que tu penses mériter de passer face à l’Egypte. Ensuite, tu vas à la Coupe du monde, tu fais bonne figure mais tu as cette déception du premier match (NDLR : défaite 0-1 face à l’Iran). Et là, (pour la CAN 2019), tu as un autre joker pour pas effacer, mais bonifier, confirmer ce qu’on a fait depuis l’arrivée de (Hervé) Renard.