Qualifiés en finale de la coupe d’Afrique des nations pour la première fois depuis 30 ans, les Algériens affronteront le Sénégal. L’entraîneur Djamel Belmadi est un des symboles de ces nouveaux Fennecs.

7 octobre 2017, l’Algérie est au fond du gouffre. Les joueurs de Lucas Alcaraz s’inclinent contre le Cameroun (2-0) et voient leurs espoirs de qualification pour le Mondial russe partir en fumée. Pour la première fois depuis 2006, les Fennecs ne participeront pas à la Coupe du monde. Quelques jours après le tournoi en Russie, Djamel Belmadi succède à Rabah Madjer, lui-même successeur d’Alcaraz,  à la tête d’une équipe d’Algérie en perdition. Son objectif : qualifier la sélection nationale pour la CAN 2018 et la Coupe du monde au Qatar, en 2022.

Ancien habitué de l’effectif des Fennecs, sélectionné à 20 reprises entre 2000 et 2004, Djamel Belmadi ne fait pas l’unanimité auprès de la presse locale. Pourtant, l’ancien milieu offensif de l’Olympique de Marseille (2000-2003) a rapidement fait ses preuves à la tête de la sélection algérienne : depuis sa nomination, son groupe n’a concédé qu’une seule défaite, lors d’un déplacement au Bénin en Octobre 2018 (1-0). Depuis cet échec, les Verts ont remporté 8 rencontres et concédé 3 nuls.

Grande nation du continent africain, l’Algérie arrivait en Égypte avec un statut de favori. Un statut confirmé durant la phase de poules avec trois victoires en trois rencontres, dont un succès de prestige face au Sénégal de Sadio Mané (1-0). Un début de Coupe d’Afrique excellent avec six buts inscrits sans en encaisser un seul. Une transformation réussie pour Belmadi, connu pour son style tactique porté sur l’attaque. «Belmadi a transformé l’équipe sur tous les points, surtout sur la rigueur, il nous pousse à nous surpasser» a déclaré Mehdi Abeid, milieu de terrain des Fennecs, en conférence de presse ce samedi. Une rigueur et de la discipline dont Haris Belkebla a fait les frais en début de compétition : «Djamel a fait comprendre qu’il ne transigerait pas, avec qui que ce soit, et que tout joueur manquant de sérieux irait droit dans le mur. il a toujours été très soucieux d’une certaine justice, et du comportement, dans les choix de joueurs. Ils sont obligés de suivre» déclare Brahim Hemdani, son ancien partenaire à l’OM entre 2001 et 2003, sur RMC Sport.

En huitièmes de finale de la compétition, les Algériens balayent sans difficulté la Guinée (3-0) et confirment leur statut d’équipe en forme du moment en conservant leur invincibilité dans les buts. Le quart de finale face à la Côte d’Ivoire est le premier test de la phase éliminatoire. Une rencontre abordée avec énormément de sérieux par Djamel Belmadi : «En face de nous, il y aura une équipe (la Côte d’Ivoire) redoutable qui a déjà gagné la CAN. Face au Mali, ils ont été bousculés, mais ils n’ont pas cédé. Elle a prouvé qu’elle peut être dominée sans encaisser de buts. J’espère avoir des éléments en tête pour trouver des failles, on fera le nécessaire pour faire mal. Ce sera un rapport de forces, la partie ne sera pas facile», avait déclaré le sélectionneur lors de la conférence de presse d’avant-match. Une analyse qui s’est avérée exacte, avec un succès arraché durant une séance de tirs au but (1-1 a.p, 4-3 t.a.b).

En finale de la CAN pour la première fois depuis presque 30 ans, les Fennecs retrouvent le Sénégal vendredi. Les Lions de la Teranga s’étaient inclinés devant l’Algérie au premier tour. L’occasion parfaite pour Djamel Belmadi de montrer les énormes progrès réalisés par l’Algérie, et surtout de rajouter un deuxième titre africain au palmarès des Fennecs.