Après quatre ans d’absence, le Suisse a vite retrouvé ses marques. Pour le plus grand bonheur du public.

Roland-Garros en salivait. Roland-Garros a savouré. La légende vivante est revenue ébahir les Parisiens ce dimanche 26 mai. Ses chaussures immaculées sur les courts de la Porte d’Auteuil, depuis sa défaite en quart de finale contre Stan Wawrinka (6-4, 6-3, 7-6 (7/4), le 2 juin 2015, ont repris un peu de poussière sur le nouveau Philippe-Chatrier. La star est entrée dans l’arène parisienne, presque pleine, à 14 h 45 et a reçu une standing ovation qui a confirmé son pouvoir d’attraction inégalé.

L’homme aux vingt titres du Grand Chelem avait foulé pour la première fois le nouveau Central, mardi, pour un premier entraî­nement. Il n’a pas traîné pour trouver ses repères. Le « Fed Express » a encore frappé. Sa victime ? Lorenzo Sonego, 20 ans et dépassé par les événements. Un spectateur a même crié «Tu vas trop vite, Roger!», quand le Suisse menait 6-2, 4-0, après à peine quarante-cinq minutes.

Offensif, très en jambes, réalisant parfois des séquences de service-volée, écourtant les échanges avec agressivité, précis dans ses zones de frappe, le Suisse n’a pas voulu passer trop de temps pour son entrée en lice. Une heure quarante et une pour un aimable galop d’essai. Bien aidé par la nervosité de son jeune adversaire, 73e mondial, le vainqueur de l’édition 2009 a rapidement réussi un double break et a bouclé avec un jeu blanc sur son service le premier acte 6-2 en 24 minutes.

Après avoir chipé une nouvelle fois à deux reprises l’engagement de l’Italien, le Suisse a cédé son service pour la première fois du match à 4-1 en sa faveur. Une alerte sans conséquence puisqu’il a remporté le deuxième acte (6-4). Le dernier set a été légèrement plus équilibré. Et au moment où il a fallu accélérer, le maître l’a réussi pour breaker dans le neuvième jeu et conclure dans la foulée.

Standing ovation de nouveau bien méritée. Suite de la tournée (d’adieux ?) à Roland-Garros du Suisse, mercredi contre l’Allemand Oscar Otte. «J’étais un peu crispé avant le match, a assuré le Suisse face à la presse. Il y avait beaucoup d’attente. J’ai fait un bon début de match et le double break m’a libéré. Je savais que Sonego était un test. Je ne le connaissais pas bien. Je suis très soulagé de m’en être sorti car c’est un joueur solide qui peut être dangereux.» Avant de glisser un message de circonstance au public français : «L’accueil du public a été fabuleux. Je lui ai manqué et cela m’avait manqué. Mon absence ces dernières années a fait du buzz. Je m’en suis aperçu ces derniers jours.»

Après un break de trois ans, l’ex-numéro 1 mondial avait fait son retour sur terre battue à Madrid et obtenu deux balles de match contre Dominic Thiem en quart de finale. Histoire de rappeler qu’il ne ferait pas de la figuration dans la capitale. Forfait à Rome avant son quart, en raison d’une gêne à la jambe droite, Federer est apparu en pleine forme dimanche avec un enthousiasme juvénile. Après un trimestre presque parfait sur dur, le Suisse, tente à 37 ans, un défi ultime pour son 18e Roland-Garros.

Doit-on le considérer comme un sérieux prétendant ? «Je suis très heureux d’être de retour ici, en bonne santé. Cela fait du bien d’être un outsider. J’ai moins de pression sur les épaules. Cela permet d’être plus détendu», a résumé l’ancien numéro 1 mondial, qui déclare être à Paris d’abord pour «le plaisir». «Je me sens un peu comme avant l’Open d’Australie en 2017, il y a des inconnus. Je joue du bon tennis, mais est-ce que cela suffira?» Pour rappel, après une coupure de six mois, le Suisse avait remporté en janvier 2017 à la surprise générale l’Open d’Australie, son premier Grand Chelem depuis 2012. Sur les terres parisiennes de Nadal, l’exploit serait encore plus énorme. Mais avec cet incroyable compétiteur…