Le marathon victorieux du Suisse contre Tsitsipas, le quart de finale inédit de la Britannique, le métronome espagnol, retour sur les temps forts des Internationaux de France ce dimanche.

Record de chaleur sur Roland-Garros (32 degrés). Dans les allées, les promeneurs ont cherché l’ombre. Sur les courts, les acteurs ont, à l’image du duel somptueux entre Stan Wawrinka et Stefanos Tistsipas, livré des parties endiablées (Benoît Paire est entré sur le court Suzanne Lenglen à 19h30 pour débuter son match contre Kei Nishikori).

Le match
Depuis la demi-finale 2011 entre Novak Djokovic et Roger Federer et la demi-finale 2013 ayant opposé Rafael Nadal à Novak Djokovic, Roland-Garros n’avait pas vécu de match aussi intense. Durant 5h09, Stan Wawrinka et Stefanos Tsitsipas ont livré un formidable combat, somptueux, collectionnant les points gagnants spectaculaires et récompensant l’expression offensive. Un ultime passing de revers à la trajectoire incurvée du massif Suisse a finalement eu raison de l’impétueux et talentueux Grec qui a multiplié les plongeons, a joué jusqu’au dernier point avec beaucoup de cœur et d’ambition mais qui a laissé passer trop d’occasions (5 balles de break seulement converties sur les 27 qu’il s’était créées). Wawrinka vainqueur 7-6, 5-7, 6-4, 3-6, 8-6 pouvait rayonner, avant de partager une longue accolade complice avec son jeune rival. Un match qui, une nouvelle fois, offre une publicité formidable pour les matches en 5 sets sans tie-break, l’exception française en Grand Chelem.

Le chiffre : 1
Comme Petra Martic (31e mondiale qui a sorti l’Estonienne Kaia Kanepi 5-7, 6-2, 6-4) et la Tchèque Marketa Vondrousova (38qui a éliminé la Lettonne Anastasija Sevastova 6-2, 6-0), la Britannique Johanna Konta qui n’avait jamais remporté le moindre match à Roland-Garros a disposé de la Croate Donna Vekic 6-2, 6-4 et disputera pour la première fois les quarts de finale des Internationaux de France (aucune Britannique n’y était parvenue depuis Jo Durie en 1983). Elle croisera, pour une place en demi-finales Sloane Stephens, tombeuse de Garbine Muguruza (6-4 6-3).

La phrase : «Stefanos, Stan, Dominic, c’est sympa de voir autant de revers à une main»
Signée Roger Federer. La chaleur ou le vent, rien ne parvient à perturber Roger Federer. Lors de son 8e de finale contre Leonardo Mayer, le Suisse (tête de série n°3), vainqueur 6-2, 6-3, 6-3, a sorti des coups dont il a le secret : montées à contretemps, contre-pieds, volées exécutées avec l’agilité d’une gazelle, services-volées et un merveilleux revers long de ligne décoché en toute décontraction dans le 3e set d’un match totalement maîtrisé (aucune balle de break concédée). Le bondissant Suisse (12e quart de finale à Paris ; le 54e quart de finale en Grand Chelem) qui n’a toujours pas perdu un set depuis le début du tournoi a rendez-vous avec Wawrinka (le dernier joueur à l’avoir battu à Roland-Garros en quarts de finale en 2015) ou Tsitsipas. Et de confier : «Stefanos (Tsitsipas), Stan (Wawrinka), Dominic (Thiem), c’est sympa de voir autant de revers à une main».

La stat : 70/90
Au terme d’une nouvelle démonstration d’efficacité 6-2, 6-3, 6-3 contre l’Argentin Juan Ignacio Londero (78e mondial), Rafael Nadal, a qui avait cédé un set contre David Goffin a signé une probante victoire en 3 sets secs. La 70e du genre en 90 succès (en 92 matches) dans les Internationaux de France. Métronome.

Dans le coin bleu
Paire avec des hauts et des bas. L’Avignonnais a, d’entrée, mené 2-0 avant de laisser filer Kei Nishikori. Plus entreprenant, plus agressif, il a empoché le 2e set dans un tie break de toutes les émotions avant de perdre le fil dans le 3e set, contrarié par un problème de raquettes. Benoît Paire a retrouvé les vestiaires à 21h35, interrompu par l’obscurité. Il était mené 6-2, 6-7, 6-2.