Dakar: le rêve de Loeb s'est envolé

à 15:06

Alors qu’il s’était parfaitement replacé mardi au classement général, le Français a tout perdu ce mercredi en restant ensablé près de trois heures, avant d’abandonner.

Le Dakar n’a vraiment aucune clémence pour la moindre faiblesse. Avant de s’élancer pour sa troisième participation au Dakar, Sébastien Loeb l’avait rappelé à la presse : "Sur cette épreuve, on peut perdre à tout moment."

Souvent au moment, même, où un pilote s’y attend le moins. Ce mercredi matin, le nonuple champion du monde WRC attaquait ainsi la 5e étape ragaillardi par son meilleur temps de la veille, qui l’avait parfaitement replacé au classement général derrière Stéphane Peterhansel, avec 6’55’’ de retard.

Absolument rien d’insurmontable étant donné qu’en vitesse pure, Loeb apparaissait un cran plus rapide que son coéquipier et rival chez Peugeot. Sauf qu’aller vite sur le Dakar n’est une qualité qu’à condition de tenir la distance.

Et le Français savait bien qu’avec un parcours donnant la part belle aux étendues sableuses et aux dunes, plus d’un piège risquait de se mettre en travers de sa route…


"Les dunes sont pourries, cassées, molles et il y a des cuvettes partout. C’est le pire qu’on puisse trouver dans le désert."

Sébastien Loeb


Comme ce mercredi, journée où il aura vu s’envoler ses espoirs de victoire. Premier à s’élancer, Loeb fut le premier à découvrir le sable de Tanaca, lors d’une étape reliant San Juan de Marcona à Arequipa (Pérou).

Une prise de contact douloureuse. Dès le 5e kilomètre, le Français connaissait un premier souci en restant ensablé. L’addition s’élevait alors à 25 minutes. Un sérieux handicap, mais encore rien de dramatique.

Sauf que quelques dizaines de kilomètres plus tard, bis repetita, la Peugeot 3008DKR stoppait net sa course dans les dunes et cette fois, elle y restait plantée deux longues heures.

Ce qui entraînait la colère matinée de désarroi de Loeb sur France Télévisions : "Les dunes sont pourries, cassées, molles et il y a des cuvettes partout. C’est le pire qu’on puisse trouver dans le désert." Aidé par un camion, la Peugeot parvenait cependant à terminer le premier tronçon avec 2h45 de retard sur Peterhansel.

Sauf que le copilote de Loeb, Daniel Elena, a été touché physiquement dans le second choc, ce qui a entraîné un abandon du tandem.

Retrait ou pas, Loeb avait en tout cas perdu toute chance de remporter le Dakar, alors qu’il s’agissait probablement de sa dernière participation au mythique rallye-raid avec le retrait de Peugeot et sa volonté de centrer sa carrière sur le rallycross et un retour épisodique en WRC.

9e en 2016, dauphin de Peterhansel l’an dernier, le Français échoue dans son pari de remporter une épreuve sur laquelle il aura démontré une formidable pointe de vitesse, mais aussi étaler un manque d’expérience finalement trop préjudiciable sur un marathon de ce type.

Pour Peugeot, qui a déjà vu les espoirs de Cyril Despres s’envoler il y a deux jours, l’étau se resserre avec seulement deux 3008DKR encore en mesure de s’imposer. A savoir celle de Peterhansel, confortable leader, et de Carlos Sainz. Deux hommes qui n’auront pas le droit à l’erreur d’ici le 20 janvier et l’arrivée à Cordoba, en Argentine.