L’ex-pilote autrichien, triple champion du monde, est décédé lundi à l’âge de 70 ans. En 1976, il était sorti vivant, mais gravement brûlé au visage, d’un spectaculaire accident.

Son visage portait toujours les terribles stigmates de son spectaculaire accident survenu sur le circuit du Nürburgring. C’était le 1er août 1976. Au volant de sa Ferrari, le pilote autrichien, alors âgé de 27 ans, sort de la piste. Son bolide, percuté par deux autres monoplaces, la Hesketh de l’Allemand Harald Hertl et la Surtees de l’Américain Brett Lunger, s’embrase. Pendant une interminable minute, Andreas Nikolaus – dit Niki – Lauda est la proie des flammes.

Extrait du brasier par Hertl et Lunger, aidé par deux autres pilotes, il est admis à l’hôpital dans un état critique, entre brûlures au troisième degré au visage et aux mains et lourdes inhalations de fumées toxiques. Un prêtre vient même à son chevet lui donner l’extrême onction. Il sortira du coma quatre jours plus tard. Miraculé. «J’étais étonné d’avoir survécu, racontera-t-il à L’Equipe Magazine trente ans plus tard. Mais j’ai eu peur de ce que j’ai vu dans le miroir…»

On se dit alors que le champion du monde en titre – un sacre conquis de haute lutte contre son rival et exact opposé, le Britannique James Hunt, une compétition racontée avec brio dans le film «Rush» du réalisateur Ron Howard, sorti en 2013 – ne reconduira jamais en Formule 1, discipline à hauts risques et régulièrement endeuillée à l’époque.

C’est dire l’émotion quand, seulement six semaines plus tard, Niki Lauda, visage défiguré, est sur la grille de départ du Grand Prix d’Italie. «J’avais encore plusieurs pansements. Et une pression folle sur les épaules.» Il terminera 4e sur le circuit de Monza. A son grand regret. «J’aurais pu faire nettement mieux, mais personne ne m’avait prévenu que le système de départ avait changé », fulminait-il encore en 2007 en se confiant à l’hebdomadaire sportif.

Deux ans après son retour, il rafle une troisième couronne mondial au nez de son coéquipier, Alain Prost

Son coup de volant est effectivement intact. Il est d’ailleurs toujours en course pour le titre suprême en fin de saison mais, lors de la dernière course, décisive, au Japon, il refuse de s’élancer sous le déluge de Fuji. Hunt remportera le titre. Une déception qui nourrit sa motivation. Dès l’année suivante, en 1977, celui qui est surnommé «L’Ordinateur » remporte sa deuxième couronne mondiale.

Il est alors le pilote le mieux payé du plateau. Mais l’histoire avec Ferrari s’envenime pour, entre autres, une jalousie exacerbée contre son jeune et fougueux coéquipier, le Canadien Gilles Villeneuve. Il quitte la Scuderia pour rejoindre Brabham. Mais, le 28 septembre 1979, coup de tonnerre dans le paddock. A la veille du Grand-Prix du canada, Niki Lauda quitte le circuit de Montréal sans explication. On apprendra vite qu’il vient brutalement de décider d’abandonner la compétition.