Alors que la saison WRC débute ce jeudi avec le Rallye de Monte-Carlo, le Français s’attend à une adversité redoutable. Dont fera partie ponctuellement Sébastien Loeb.

Le suspense aura duré quelques semaines. En fin de saison dernière, alors qu’il se dirigeait vers son cinquième titre mondial, Sébastien Ogier s’était interrogé quant à la suite de sa carrière.

À 34 ans, devait-il s’arrêter au sommet, après avoir accompli un exploit en conservant sa couronne au sein d’une équipe privée – M-Sport – ne disposant pas des mêmes moyens que les constructeurs officiels ? Devait-il réintégrer le giron de Citroën, qui lui avait ouvert les portes du WRC avant de lui préférer Sébastien Loeb ?

Devait-il continuer au sein de M-Sport, une écurie qu’il venait de conduire à un inattendu doublé pilotes-constructeurs, mais dont la capacité à se maintenir à un tel niveau de performance prêtait à caution ?

Sagement, Ogier a pris le temps de la réflexion, des discussions. Avant de trancher en faveur du statu quo. Un choix qu’il avait justifié ainsi au moment de son officialisation fin novembre : “On a commencé une belle histoire cette année avec M-Sport, et il aurait été dommage de l’arrêter si rapidement, alors qu’il y a encore de la place pour réaliser de belles choses l’an prochain.”

Depuis, il n’a pas changé d’avis : “Je préfère la continuité au fait de repartir de zéro.” Et l’annonce, moins d’un mois après, de l’implication accrue de Ford auprès de l’écurie dirigée par Malcolm Wilson – ce qui sous-tend un soutien financier et technique plus important – n’a évidemment pas été de nature à le faire douter du bien-fondé de sa décision.

Le fait d’avoir un soutien un peu plus marqué d’un constructeur était l’un des facteurs décisifs de mon choix. L’arrivée de Ford va nous permettre de progresser plus vite.”

Une considération basée sur l’expérience du Français, passé par Citroën et Volkswagen, deux constructeurs qui n’avaient pas mégoté sur les moyens pour régner sur la discipline.

Néanmoins, ce soutien, tardif, ne devrait pas révolutionner immédiatement le quotidien du quintuple champion du monde, toujours aussi ambitieux et conscient de la difficulté de la tâche qui l’attend face à Hyundai, Toyota et… Citroën: “Le challenge était déjà colossal en 2017, et il se pourrait bien que cela soit encore plus compliqué cette saison. Maintenant, il serait dommage de ne pas viser le titre. Nous l’avons décroché ces cinq dernières années et la logique est de vouloir poursuivre cette série. Pour cela, il faudra que nous soyons à notre meilleur niveau, car la concurrence ne cesse de progresser. ”