Pour lutter contre les tricheries très en vogue en marathon, les Chinois pensent avoir trouvé un moyen imparable.

Les compétitions de course à pied n’ont cessé de gagner en popularité en Chine ces dernières années. Publier sa photo sur les réseaux sociaux et exhiber fièrement son classement après une course est devenu une pratique courante qui permet de se mettre en valeur dans la société en prouvant qu’on mène une vie saine. Mais cet engouement pour les épreuves de longues distances s’est aussi accompagné d’une inquiétante dérive car de nombreux Chinois font désormais appel à une doublure pour duper les organisateurs.

En 2010, au marathon de Xiamen, 30 coureurs arrivés parmi les 100 premiers avaient été disqualifiés pour avoir eu recours à des doublures ou avoir fait une portion de la course… en autobus. Les organisateurs d’un semi-marathon le week-end dernier à Shenzhen (sud) ont ainsi découvert que 258 coureurs avaient triché, notamment en empruntant des raccourcis. On ne compte plus les scandales liés à cette triche devenue un vrai sport national en Chine.

Une première utilisée ce week-end au marathon de Kunming

Face à ce fléau et pour lutter contre le commerce des dossards, les autorités chinoises ont décidé d’agir avec un système de reconnaissance faciale qui sera inauguré le week-end prochain à l’occasion du marathon de Kunming (sud-ouest du pays), où sont attendus 6.000 athlètes. «Les participants devront apporter un document d’identité valable et se soumettre à une vérification par un système de reconnaissance faciale», a indiqué jeudi l’agence de presse officielle Chine nouvelle. Elle a jugé «honteuse» l’affaire de tricherie à Shenzhen.

La Chine est une nation pionnière dans l’utilisation de la reconnaissance faciale, de la commande de nourriture dans les fast-foods jusqu’à l’embarquement dans les avions, en passant par la recherche de délinquants et criminels. Le Japon prévoit d’ailleurs d’utiliser ce système pour identifier les athlètes et tous les membres de l’organisation aux Jeux olympiques 2020 pour assurer la sécurité. Désormais traqués, les marathoniens mal intentionnés sont prévenus.