Coupe Davis: la génération Tsonga à une marche de la gloire

Face à une équipe bis de Serbie, l’équipe de France de Yannick Noah a fait respecter son rang et disputera la finale de Coupe Davis fin novembre.

Vingt-et-un ans après, Yannick Noah retrouvera (du 24 au 26 novembre) une finale de Coupe Davis en tant que capitaine. Avec l’opportunité de décrocher le fameux saladier d’argent qui échappe aux Bleus depuis 2001 et leur triomphe en Australie : «On rêve de cette finale depuis quelque temps déjà, a soufflé Noah... Il y a eu de très bons moments ce week-end, et aussi des leçons. Quand on commence par une défaite (celle de Pouille), il faut réagir tout de suite, pas le dimanche soir. La chose très positive, c'est qu'après avoir été mené 1-0, on a pu rectifier très rapidement. J'étais content d'être capitaine avant le match, et je suis encore très content d'être capitaine. Ce qui est bien, c'est qu'on va se revoir.»

Tsonga assume son statut

Archi-favorite face à une Serbie décimée, l’équipe de France s’est tout de même un peu compliquée la tâche avec la défaite inaugurale de Lucas Pouille contre Dusan Lajovic, mais l’essentiel est là. Une qualification pour la finale (3-1), avec comme homme fort du week-end Jo-Wilfried Tsonga. Vainqueur en trois manches de Laslo Djere vendredi, le leader des Bleus avait remis son équipe à l’endroit. Il a apporté le point décisif dimanche. Le 18e mondial, favori sur le papier face au 80e mondial, Tsonga a toutefois connu certaines difficultés pour se défaire du coriace Lajovic. (2-6, 6-2, 7-6, 6-2). «Contre Lucas, il avait déjà fait un gros match, glisse Tsonga. Il a été extrêmement agressif dans le premier set.  Mais il a laissé beaucoup d’énergie et j’ai pu reprendre la main dans le deuxième set et sur l’ensemble du match». Après 14 mois d'absence, le numéro un français a effectué un retour gagnant, lui qui envisageait de renoncer à la campagne 2017 pour privilégier sa nouvelle vie de papa… Il s’offre une nouvelle opportunité de soulever enfin le Saladier d'argent.

Alors bien sûr, le parcours des hommes de Noah en 2017 n’a rien d’une épopée. Capitaine Noah a eu la baraka. Doux euphémisme. En 2017, l'équipe de France a battu le Japon sans Kei Nishikori, la Grande-Bretagne privée d'Andy Murray et la Serbie sans Novak Djokovic, ainsi que ses numéros 2 et 3, Viktor Troicki et Janko Tipsarevic. L’adversaire le mieux classé ? Le Britannique Dan Evans… 44e lors du quart de finale en avril. Mais cette équipe a eu le mérite de faire le job. Elle retrouve la finale de cette épreuve pour la 18e fois de son histoire. Vainqueurs à neuf reprises du Saladier d'Argent, les Bleus ont échoué à huit reprises, dont les trois dernières (2002, 2010 et 2014). La bande à Tsonga aura une occasion en or de décrocher enfin un grand titre contre la Belgique. «On leur dit tout le temps qu’ils n’ont rien gagné, mais ce n'est pas en se disant ça toute la journée qu'on va gagner, poursuit Noah. On ne va pas gagner en se disant qu'on a toujours perdu. On part de Lille en étant vraiment content. Y'en a qui ne sont pas contents, on essaiera de les inviter à la prochaine fête...»


«Il n'y a pas de tension. Cette semaine, l'ambiance était incroyable entre les gars»

Yannick Noah


Si l’enceinte impressionnante du Stade-Pierre Mauroy était bien remplie ce dimanche avec 18000 spectateurs qui ont donné de la voix, ce n’était pas franchement ambiance Saga Africa après la qualification. Casquette enfoncée sur la tête, regard sombre, débit lent, Yannick Noah n’a pas respiré la joie de vivre cette semaine. Semblant usé depuis le début du week-end, il avait confié vendredi : «Je suis stressé depuis pas mal de mois». Malaise en interne ? Mis en scène ou non, l’appel de Gaël Monfils en pleine conférence de presse, a donné à Noah l’occasion de signer cette pirouette : «On est une équipe soudée, voyez (les médias) il y a une très bonne ambiance.» En coulisses, il y aurait en tout cas de la friture sur la ligne entre le président Bernard Giudicelli et Lucas Pouille comme l’a révélé L’Equipe dimanche. Ce que n’a pas démenti le Nordiste qui a précisé : «La Fédération, ils font ce qu'ils veulent, dans l'équipe, il n'y a pas de tension. Cette semaine, l'ambiance était incroyable entre les gars». Et c’est connu, les victoires apaisent les tensions. Le tennis français, peu en vue cette année sur le circuit, s’offre une belle éclaircie.