L’Ecossais a lutté sans relâche mais sa détermination et son émotion n’ont pas suffi, ce lundi, face à Robert Bautista Agut, vainqueur en 5 sets, au 1er tour de l’Open d’Australie.

L’ambiance

L’Ecossais (230e mondial) n’a, pour son dernier Open d’Australie, pas eu droit à la Rod Laver Arena. Il a été programmé sur la Melbourne Arena (le troisième court dans la hiérarchie des courts de l’Open d’Australie) mais il a été accueilli par une ovation qui a donné le ton.

Et le scénario du match se prolongeant jusque dans le 5e set a enflammé le court, se propageant sur le tournoi et bien au-delà. Les spectateurs ont accompagné les derniers points de l’Ecossais debout, les larmes aux yeux.

Battu 6-4, 6-4, 6-7 (4/7), 6-7 (5/7), 6-2, Andy Murray aura servi un sublime adieu à l’Open d’Australie. Vendredi, l’annonce de sa retraite imminente a déclenché une vague d’émotions. Joueurs en activité ou retraités, membres du Top 3 ou joueuses de renom, le monde du tennis a clamé son attachement et son respect au joueur et à l’homme. Le stratège, l’inlassable travailleur, l’infatigable défenseur du tennis féminin.

Andy Murray, acteur multiple, engagé, apprécié pas seulement grâce aux trophées collectionnés (45 titres ATP, dont 3 en Grand Chelem et 14 en Masters 1000, sans oublier deux médailles d’or olympiques).

Face à lui, se dressait au 1er tour de l’Open d’Australie, Roberto Bautista Agut (tête de série n°22). Un rival toujours coriace. Une valeur sûre (30 ans), rarement à la fête en Grand Chelem, souvent rattrapé par ses émotions dans les grands événements mais un joueur en forme (comme le prouve son récent titre à Doha, après avoir notamment écarté Novak Djokovic). Un joueur épinglé comme un sérieux outsider du tournoi, à l’image de l’Australien Alex de Minaur ou du Croate Borna Coric. Un joueur qui n’a pas fait de sentiment.

Le match

Dans le 1er set, le Britannique a fait bonne figure avant de perdre son service pour être mené 5-4. Dans le 2e set, il a cédé un peu plus tôt laisser son rival prendre les devants à 3-2, payant son manque de compétition et souffrant de limites physiques évidentes, son visage trahissant régulièrement son manque de souffle et ses pas de replacement ne pouvant masquer un boitillement évident. Andy Murray a tout donné. Fulminant après un coup raté, une opportunité lui ayant échappé, jetant un regard noir vers son clan, comme à ses plus belles heures. Murray combatif, serrant le poing pour entretenir la flamme d’un faible espoir. Il a, comme d’entrée de 3e set, sorti quelques coups bien sentis arrachant des applaudissements à des spectateurs accompagnant avec émotion son chemin de croix, comme sur la balle lui permettant de ravir le service de son adversaire pour débreaker et revenir à 2-2 et faire la course en tête en étant plus agressif. Jusqu’à mener 5-4, disposer d’une balle de set. Fidèle à sa légende. Poing serré. Avant de rugir plus fort encore dans le tie break et de s’offrir un frisson XXL en empochant le gain du set (7/5). Son poing pouvait fendre l’air et les frissons faire la ola dans le stade. Une intensité le portant jusqu’à un deuxième tie break victorieux (7/4) en clôture du 4e set, faisant étalage de sa force de caractère, de sa puissance, de sa résistance, de son goût du panache lui permettant de sauver une balle de match. Il y avait dans cet admirable combattant la rage de l’inoubliable Connors de l’US Open 1991 qui à 39 ans électrisait la foule et avalait les obstacles. A bout de souffle, l’Ecossais a mené 1-0, avant d’encaisser un double break mettant fin à ses illusions.

L’émouvant générique de fin 

A 31 ans, l’Ecossais disparaît d’entrée de l’Open d’Australie (pour la première fois depuis 2008), un tournoi qui aura pris à malin plaisir à la torturer, l’Ecossais ayant vécu à Melbourne cinq finales malheureuses (2010, 2011, 2013, 2015, 2016). Une vidéo laissant défiler de nombreux joueurs a ensuite rappelé qu’il était «un exemple», comme l’a indiqué Novak Djokovic son jumeau (ils ont une semaine d’écart). «C’était incroyable. Merci d’avoir créé cette ambiance. Cet endroit est fabuleux pour jouer au tennis. J’ai tout donné. J’ai vraiment été au bout de moi-même.» Une disparition prématurée venant assombrir la journée côté britannique après l’élimination de Kyle Edmund (tête de série n°13), demi-finaliste en 2018 mais sèchement sorti par Tomas Berdych (57e mondial) 6-3, 6-0, 7-5.