L’hebdomadaire allemand Der Spiegel révèle les réponses de Ronaldo à un questionnaire datant de 2009 et portant sur le viol présumé. La version changeante du Portugais pourrait fragiliser sa défense.

Nouveau rebondissement dans l’affaire de viol présumé qui concerne Cristiano Ronaldo, accusé par une femme américaine, Kathryn Mayorga, de l’avoir violée le 15 juin 2009 à Las Vegas. Ce vendredi soir, l’hebdomadaire d’investigation allemand Der Spiegel a publié de nouveaux documents qui risqueraient de mettre à mal la défense du footballeur de la Juventus. En effet, le Portugais aurait répondu à un questionnaire long de 27 pages, quelques mois après son histoire avec Mayorga. Le problème: Ronaldo aurait transmis deux versions, l’une à ses avocats portugais en septembre et l’autre à ses avocats américains en décembre, et certaines réponses seraient sensiblement différentes.

Parmi les extraits révélés par Der Spiegel, la description de l’acte sexuel et l’attitude de la victime présumée diffèrent selon la date de la réponse au questionnaire. En septembre, Ronaldo aurait affirmé qu’elle «a dit qu’elle ne voulait pas, mais elle s’est rendue disponible (…) Mais elle a continué à dire non. ‘‘Ne le fais pas. Je ne suis pas comme les autres.” Je me suis excusé ensuite.» En décembre, par contre, l’ancien joueur du Real Madrid aurait donné une réponse différente à la même question: «Elle ne s’est pas plainte, elle n’a pas crié, elle n’a pas appelé à l’aide ou quoi que ce soit de ce genre.»

Les avocats dénoncent «des portions significatives altérées et/ou inventées»

Plusieurs réponses divergeraient ainsi selon la date de réponse au questionnaire. À la question «Est-ce que Mme C. (Kathryn Mayorga) a élevé la voix, crié ou hurlé?», Cristiano Ronaldo aurait dans un premier temps reconnu qu’elle «a dit non et stop plusieurs fois». En décembre, la réponse est limpide: «Non.» Lorsqu’on lui a demandé ce qu’ils se sont dit après leurs relations sexuelles, le quintuple Ballon d’Or aurait d’abord rapporté les propos de la femme: «Elle a dit: ‘‘Tu es un connard, tu m’as forcé. Tu es un imbécile. Je ne suis pas comme les autres.” J’ai dit: «Je suis désolé.» Puis en décembre, sa réponse serait simplement: «Non.»

L’hebdomadaire allemand a publié des extraits de correspondance électronique entre les avocats concernés afin de prouver la véracité de ses informations. Les avocats de Ronaldo, eux, ont déclaré auprès de Der Spiegel que «des portions significatives» du document avaient été «altérées et/ou complètement inventées». Fin octobre, dans un entretien accordé à France Football, le joueur lui-même se montrait ferme sur le sujet: «La vérité éclatera au grand jour. Et les gens qui me critiquent ou qui exposent ma vie aujourd’hui, qui font d’elle un cirque, ces gens-là verront…»