Ligue Europa: pourquoi l'OM peut y croire

à 17:00
Soccer Football - Europa League Semi Final Second Leg - RB Salzburg v Olympique de Marseille - Red Bull Arena, Salzburg, Austria - May 3, 2018 Marseille's Adil Rami celebrates after the match with team mates

Si le club espagnol partira favori le 16 mai lors de la finale de la Ligue Europa, Marseille a des arguments à présenter.

Une sacrée montagne se dressera sur la route de l’OM le 16 mai prochain en finale de la Ligue Europa. Sans manquer de respect à Braga, Bilbao, Leipzig et Salzbourg, les victimes de Marseille cette saison, l’Atlético Madrid est d’un tout autre calibre. Une équipe championne d’Espagne en 2014. Taillée pour la Ligue des champions. Habituée à disputer des finales européennes tous les deux ans (2010, 2012 et 2018 en C3, 2014 et 2016 en C1). Pour deux titres glanés en Ligue Europa. La mission s’annonce compliquée. Mais loin d’être impossible.

La finale est en France

La finale n’aura pas lieu à domicile pour l’OM. Mais presque. Dans moins de deux semaines, Lyon sera évidemment bleu et blanc. Une marée marseillaise va déferler sur la capitale des Gaules, située à 300 kilomètres de la Cité phocéenne. Même si les deux clubs disposent du même quota de places (11 556), il est fort à parier que les fans marseillais, qui auraient pu remplir trois stades Vélodrome contre Salzbourg, seront prêts à tout pour supporter leurs héros. Quitte à passer par le marché noir ou attendre des heures sur la plateforme de revente mis en place par l’UEFA, 36 000 billets ayant déjà été vendus. Avec le soutien de tout le peuple marseillais et « une bonne partie de la France qui se reconnaît dans les valeurs de cette équipe », selon Rudi Garcia, l’OM a un avantage de poids.

 

Sur un match, « c’est jouable »

C’est une lapalissade. Une formule toute faite destinée surtout - diront les mauvaises langues - à rassurer les plus inquiets des supporteurs. Pourtant, difficile de ne pas la brandir. Même Rudi Garcia n’a pas résisté à la tentation : «On aura un statut d’outsider, car on aura une finale au parfum de Ligue des champions, a glissé l’entraîneur. L’Atlético sera favori, mais c’est sur un match. » Autant sur une double confrontation, avec matchs aller-retour, la tâche aurait pu paraître quasi insurmontable face à Griezmann et consorts. Autant là, « c’est jouable », affirme haut et fort Florian Thauvin. L’Atlético a beau être un solide dauphin de Barcelone en Liga, les Colchoneros ont laissé poindre quelques fissures dans leur cuirasse en 2018 en concédant six défaites (sur les huit de cette saison). Dont une, récemment, lourde contre la Real Sociedad (3-0).

 

Cet OM-là a du caractère

Ce n’est sûrement pas l’OM le plus talentueux que Marseille a connu. Mais il a un cœur énorme. Ce supplément d’âme qui plaît tant. « C’est dans l’ADN de cette équipe d’y croire jusqu’au bout », s’est félicité Garcia jeudi soir. Au bord de la rupture à Salzbourg, les Olympiens n’ont jamais lâché. Pour finalement être récompensé par un but salvateur de l’inattendu Rolando. « Symboliquement c’est intéressant, parce que quand on n’a pas le bon tempo, le bon jour, dans tous les métiers il faut savoir compenser par l’envie, et l’envie était là », a souligné Bernard Tapie au micro de RMC. Au-delà de quelques individualités qui peuvent tirer l’équipe vers le haut (Thauvin, Payet, Luiz Gustavo), c’est vraiment la notion de groupe qui est à saluer. Une équipe de 17-18 joueurs, composée de jeunes éléments entourés de quelques vieux briscards, qui mouillent le maillot. « C’est un groupe tellement humain, soudé, heureux d’être ensemble et qui a tellement de caractère, s’est enthousiasmé Jacques-Henri Eyraud, le président marseillais. Ces garçons méritent tellement. »

 

L’Europe, une grande histoire d’amour

Et si les Marseillais devenaient « à jamais les premiers » en France à soulever la Ligue Europa, 25 ans quasiment jour pour jour après le sacre en Ligue des champions face au grand AC Milan, favori terrassé par une tête inoubliable de Basile Boli ? Tout Marseille en rêve. Espère que cet anniversaire sera une source d’inspiration. De motivation supplémentaire. « La Coupe d’Europe est dans l’ADN de Marseille », se plaisait à rappeler Garcia il y a quelques semaines. Car si l’Atlético est devenu un habitué des finales dans un passé très récent, l’OM a noué une histoire particulière avec l’Europe depuis presque trois décennies. Marseille disputera en effet à Lyon sa cinquième finale de Coupe d’Europe, un record pour un club français. Quatorze ans après la dernière, perdue contre Valence en Coupe de l’UEFA (0-2), Marseille veut entretenir sa légende.