Marin Cilic s’est imposé face à Lucas Pouille, ce dimanche à Lille, pour le match quatre de la finale de Coupe Davis. Peu inquiété, le Croate a remporté ce match en trois sets (7-6(3),6-3,6-3). La Croatie remporte la deuxième Coupe Davis de son histoire. 

Le n°7 mondial a, ce dimanche, rapidement mis un terme au suspense. Il a dominé Lucas Pouille et apporté à la Croatie le point d’un deuxième sacre en Coupe Davis.

A Lille, La France n’a pas réussi le casse du siècle. Dès le match n°4, Marin Cilic, bien que très crispé a, ce dimanche, réussi à boucler l’affaire contre Lucas Pouille 7-6 (76/3), 6-3, 6-3. La France voit partir son beau trophée. La Croatie s’inscrit comme le dernier pays lauréat de l’épreuve dans sa forme originelle, avant la réforme annoncée l’année prochaine.

L’ambiance : Yannick Noah a, comme prévu, attendu le dernier moment pour annoncer son choix de lancer Lucas Pouille. Le Nordiste, à domicile, se retrouve littéralement porté par les spectateurs lors de la présentation des équipes. Concentré à l’extrême, il semble extrêmement tendu. Par le défi, l’enjeu, l’événement. Son service et son coup droit l’aident à bien entrer dans la partie quand son revers pénalise sa marge de manœuvre («Il est où ton revers bordel», hurle au milieu du 1er set, un spectateur dépité face à l’avalanche de fautes).

Le tournant du match : La perte du 1er set. Crispé, limité à 41% de premières balles dans le 1er set, Marin Cilic n’a pourtant pas offert la moindre balle de break à Lucas Pouille qui, de son côté a dû en effacer deux. Le Français pénalisé par un revers en souffrance n’a pu faire douter le Croate qui a paru un peu rattrapé par l’événement avant de progressivement se relâcher, de dicter et de poser une main ferme sur ce set initial empoché 7-6 (7/3 en 56’) qui revêtait une importance cruciale. Pour le poison du doute qu’il pouvait distiller, la bascule psychologique qu’il pouvait opérer et l’effet dynamite que le gain aurait déclenché sur un public qui ne demandait qu’à s’enflammer.

La statistique : 6. La malédiction de la terre battue. Lors des 6 dernières finales disputées à domicile sur terre battue, la France s’est inclinée. En 1933 contre le Royaume-Uni, en 1982 contre les Etats-Unis, en 1999 contre l’Australie, en 2002 contre la Russie et en 2014 contre la Suisse. Avant la Croatie de Marin Cilic et Borna Coric couronnée, cette année, pour la deuxième fois (après 2005).

Le flop : 0. En trois matches de simple (Jérémy Chardy contre Borna Coric, Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille contre Marin Cilic), les joueurs français ne sont pas parvenus à arracher le moindre break. Un chiffre qui illustre la domination croate. Comme Rafael Nadal (sacré en 2004, 2008, 2009, 2011), Novak Djokovic (2010), Roger Federer et Stan Wawrinka (2014), Andy Murray (2015), Juan Martin Del Potro (2016) ou Marat Safin (2002), les joueurs ayant remporté les titres du Grand Chelem depuis 2005, Marin Cilic grave son nom au palmarès de la Coupe Davis.

Le chiffre : 9. Le nombre de finales de Coupe Davis perdues par les Bleus. En dépit de ses efforts et de son match le plus consistant depuis des semaines, Lucas Pouille qui a tout tenté (variations de rythme, d’effets, amorties glissées avec réussite) n’est, trop handicapé par un revers en panne, pas parvenu à faire dérailler Marin Cilic. Le Français a été le premier à perdre son service, mené 4-2 dans le 2e set, le Nordiste n’a pas sombré, s’est accroché (a vaillamment sauvé 4 balles de set) mais n’a rien pu faire pour prolonger le suspense dans le 2e set perdu 6-4 (en 44’). Dans le 3e set, il a fait la course en tête. En vain. Avant de céder son service pour être mené 3-2 et ouvrir en grand la porte du sacre à Marin Cilic qui n’en demandait pas tant (6-3 en 38’, Pouille sauvant 2 balles de match avant de s’incliner sur un lob). La France rend son précieux Saladier d’argent. Dans l’épreuve qui vivait sa dernière édition dans la configuration originelle, la France reste à dix sacres (1927, 1928, 1929, 1930, 1931, 1932, 1991, 1996, 2001 et 2017) et neuf finales perdues (1925, 1926, 1933, 1982, 1999, 2002, 2010 et 2014).