Si la France entière aura légitimement les yeux tournés vers la finale du Mondial de football, le dénouement du tournoi messieurs de Wimbledon (15 heures en France) vaut également le coup d’œil.

Djokovic pour valider son retour au sommet

L’ancien numéro un mondial n’avait plus atteint une finale dans un Grand Chelem depuis l’US Open 2016. Il est en train de chasser tous les doutes. Éloigné du circuit durant six mois (de Wimbledon 2017 à l’Open d’Australie 2018) en raison d’une blessure au coude (qu’il s’est fait seulement opérer en février de cette année), l’homme aux 12 titres du Grand Chelem ne mettait plus un coup droit devant l’autre en début de saison. Sa soif de vaincre transparaît de nouveau à Londres, où l’actuel 21e mondial a retrouvé la flamme et est redevenu ce gladiateur très expressif sur les courts . En deux jours et cinq sets, le Serbe a ainsi eu le dernier mot sur Rafael Nadal en demi-finale (6-4, 3-6, 7-6, 3-6, 10-8).  En costaud. Comme à ses plus belles heures. Le Serbe semble redevenir une machine à gagner. Une résurrection à confirmer et à valider ce dimanche. Sinon…

Djokovic pour rejoindre Rod Laver

L’ancien numéro un mondial dispute dimanche sa cinquième finale à Church Road. Il visera un quatrième titre à Wimbledon après 2011, 2014 et 2015 et un treizième du Grand Chelem. Avec le costume de grand favori face à Anderson. S’il remporte le prestigieux tournoi londonien pour la quatrième fois, Novak Djokovic sera encore loin du record de Federer (8 titres) ou de Sampras, et Renshaw (7 titres). En cas de quatrième sacre ce dimanche, il peut en revanche égaler Rod Laver, Reggie Doherty et Tony Wilding et devancer son ex-coach Boris Becker, mais aussi John McEnroe, Bill Tilden, Fred Perry, John Newcombe, Wil Baddeley et Arthur Gore…

Anderson pour une première

L’événement est de taille. Le Sud-Africain de 2,03 mètres est le premier joueur de son pays à atteindre ce niveau de la compétition à Wimbledon depuis 1921 (Brian Norton). A 32 ans, il dispute sa deuxième finale d’un Grand Chelem, après celle de l’an passé à l’US Open perdue contre Rafael Nadal. Anderson, alors 32e mondial, est devenu le tennisman le moins bien classé à accéder à la dernière marche à New York. Une performance qui n’a pas été sans lendemain. Il a déjà disputé en 2018, trois finales. Une gagnée (New York), deux perdues (Pune, Acapulco) et des quarts aux Masters 1000 d’Indian Wells et Miami, ainsi qu’une demi-finale à Madrid. En battant Federer en cinq sets, en quart de finale, après avoir été mené deux sets zéro, le désormais 8e mondial a réussi le plus bel exploit de sa carrière. En remportant Wimbledon, il s’adjugerait bien évidemment le plus prestigieux titre de sa carrière.

Anderson, le marathonien

A l’issue d’une interminable demi-finale record de 6 heures 36, Kevin Anderson est venu à bout de John Isner (7-6(6), 6-7(5), 6-7(9), 6-4, 26-24). Un match à rallonge qui a succédé à un autre combat en cinq sets de 4 heures 14 contre Roger Federer, mercredi. De quoi avoir les jambes lourdes ! «Je ne sais pas comment je me sentirai dans moins de 48h (pour la finale), lâchait-il vendredi.  Je vais tenter de garder les mêmes protocoles de récupération». Il aura au moins eu une journée de repos pour tenter de récupérer. Ce qui a fait dire à Djokovic qui a mis presque trois heures samedi pour venir à bout de Nadal en deux jours : «Kevin a passé beaucoup d’heures sur le court mais il a eu une journée de repos. Ce qui est nécessaire à ce moment du tournoi. Ce n’est pas mon cas. J’aurais bien aimé avoir un jour de récupération avant ce match. C’est ainsi, il faudra faire avec.»

Djokovic, grand favori mais…

Le Serbe mène 5-1 dans ses confrontations avec le grand Sud-Africain. Les deux hommes se sont rencontrés à deux reprises dans le Grand Chelem londonien. Si Djokovic l’avait facilement remporté au 1er tour en 2011 (6-3, 6-4, 6-2), il a souffert le martyre pour vaincre le 8e mondial, ici même, il y trois ans. Mené deux sets à zéro face au grand serveur, Djokovic a fini par se qualifier pour les quarts en cinq sets (6-7, 6-7, 6-1, 6-4, 7-5).  Ce qui fait dire au Serbe : «Je ne sais pas si je suis favori. On est à 50-50 Kevin joue le tennis de sa vie. Il a déjà disputé une finale de Grand Chelem la saison passée (US Open). Il n’a pas grand-chose à perdre. Il va s’appuyer sur ses armes et son gros service». Mais Djokovic est également un sacré relanceur…